L’Allemagne a tort de torpiller Schengen pour acheter des populistes.

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Traduit de l’anglais :

Olters, Jan-Peter (2024). « Letter: Germany is wrong to torpedo Schengen to buy off its populists », Financial Times, 9 octobre 2024. Letter: Germany is wrong to torpedo Schengen to buy off its populists (ft.com)

Inspections aux frontières intra-européennes : plus temporaires, pas encore permanentes.

Les menaces populistes ne peuvent être écartées par des réactions instinctives et des réponses populistes («German move to impose border checks ‘reopens old wounds’», Financial Times, 7 octobre 2024). Comme l’ont confirmé les récentes élections régionales, ce type de réponse politique « populiste » renforce l’acceptabilité sociale du néo-nationalisme tout en laissant les problèmes sous-jacents sans réponse.

Toute réponse durable aux questions migratoires doit donc se baser sur la reconnaissance explicite que, premièrement, les conflits et le climat vont probablement renforcer la pression migratoire et que, deuxièmement, l’exclusion économique des réfugiés de la société favorise précisément les comportements que les mouvements populistes de droite exploitent dans leur propagande.

Au lieu de torpiller le système Schengen de circulation sans friction, l’une des principales réalisations du projet européen, il serait utile de réfléchir à l’expérience des sociétés qui ont réussi à construire la prospérité sur l’intégration d’un grand nombre de travailleurs étrangers tout en insistant sur la primauté des traditions locales, avec des sanctions sévères pour ceux qui enfreignent les règles.

Pour l’Allemagne, deux modifications des politiques existantes pourraient constituer le point de départ d’une politique migratoire qui tiendrait compte à la fois des intérêts de l’État, de ses citoyens et des migrants entrants.

Premièrement, lorsque des permis temporaires sont accordés, le gouvernement et le migrant signeraient un contrat individuel spécifiant le soutien de l’État et les attentes correspondantes quant au comportement du réfugié. Le non-respect de ce contrat entraînerait le rejet de toute demande de résidence.

Deuxièmement, les migrants devraient être autorisés à trouver un emploi pour (i) devenir autonomes (et réduire leur dépendance à l’égard des programmes d’aide sociale), (ii) apprendre la langue « sur le tas » et (iii) ne pas subir l’humiliation d’être considérés comme des ratés par leur famille, qui a souvent parrainé leur fuite dans l’espoir de recevoir des fonds à l’avenir.

Cette phase initiale constituerait donc une « période probatoire » au cours de laquelle la société et les migrants eux-mêmes pourraient évaluer les avantages respectifs de la résidence permanente.

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